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Agriculture & système alimentaire

Objectif de la transformation

L'agriculture suisse est à l’origine d’environ 6 millions de tonnes de CO2 par an. A cela s'ajoutent les émissions de gaz à effet de serre dues aux aliments importés, de sorte que l'alimentation est responsable d'environ un quart de l'empreinte écologique des ménages suisses .
1 Fussnoten
23 https://www.bs.ch/pd/kantons-und-stadtentwicklung/grundlagen/nachhaltige-ernaehrung
Afin de réduire les émissions causées par le système alimentaire il est indispensable de modifier la production, la consommation et le traitement des aliments. L'objectif est de mettre en place une agriculture diversifiée et respectueuse du climat, basée sur des principes agroécologiques, qui protège les sols, renforce la biodiversité et renonce aux pesticides chimiques de synthèse. L'élevage subsistant doit être basé sur les herbages, tandis que la gestion de l'eau et les systèmes agroforestiers augmentent la résilience face au changement climatique. Une alimentation à base de plantes et moins de gaspillage alimentaire sont essentielles. Les supermarchés encouragent la consommation locale respectueuse de l'environnement et réduisent le gaspillage alimentaire. La chaîne de valeur ajoutée doit être conçue de façon à ce qu’elle garantisse aux agriculteurs des moyens de subsistance sûrs, et à tout le monde une alimentation saine et respectueuse du climat.
L'agriculture continuera à générer des émissions de protoxyde d'azote et de méthane en particulier. Les technologies d'élimination du CO2 sont donc nécessaires pour atteindre l'objectif net zéro.

Principaux obstacles à la transformation

En Suisse, la cohérence politique fait défaut : les subventions nuisibles au climat et à la biodiversité, p. ex. la promotion des ventes, entraînent de fausses incitations et des distorsions du marché. En outre, le système actuel des paiements directs favorise un patchwork de mesures qui empêchent de créer des synergies, mais qui poussent à prendre des mesures dans les exploitations qui s’annulent mutuellement quant à leur effet positif sur le climat ou la biodiversité.
La chaîne de la valeur ajoutée n'est pas transparente : en raison de leur pouvoir de marché, ce sont souvent les grands distributeurs qui décident qui obtient combien pour un produit. Or, cela ne reflète souvent pas les coûts réels et conduit à des incitations contre-productives et donc à des décisions non durables, tant du côté de la production que de la consommation.
Une grande partie de la valeur ajoutée de l'agriculture suisse repose sur la production animale, entre autres parce que celle-ci profite, directement ou indirectement, des trois quarts des subventions fédérales. La transformation durable et socialement responsable de ce principe, qui permettrait aux producteurs de réformer leur système d'exploitation se fait attendre. Les investissements à long terme, et donc l'endettement, notamment dans l'élevage et la construction d'étables, font que l'élevage joue un rôle essentiel dans la stabilité économique des exploitations.
Le système agricole bouge difficilement, les transformations, innovations et changements de système sont difficiles. En voici les raisons principales : un système de paiements directs qui rend les agriculteurs dépendants, des contenus obsolètes dans la formation et la recherche, l’intérêt pour le maintien du statu quo d'acteurs importants dans et autour de l'agriculture qui profitent de l'agriculture intensive (p. ex. les producteurs et importateurs d’engrais, de pesticides et de fourrage). En outre, les effets de la transition agricole n'apparaissent que des années après la mise en œuvre de systèmes, pratiques et méthodes alternatifs.
De nombreuses habitudes alimentaires sont ancrées dans notre culture. Si nous continuons à nous accrocher aux habitudes alimentaires traditionnelles, comme celles basées sur les produits animaux, il est difficile de réussir la transition. Il faut de nouvelles normes alimentaires, de sorte que le choix en faveur du climat devienne normal au restaurant comme à la maison.

Un mix d'instruments pour lever les obstacles & accélérer la transformation

1.
L'impact climatique de chaque produit du système alimentaire suisse est reflété dans le prix payé par les consommateurs grâce à une taxe généralisée sur les gaz à effet de serre, y compris la péréquation fiscale à la frontière. Cela encourage l'alimentation locale et saisonnière, principalement végétale. Les produits fabriqués selon des méthodes nuisant au climat dans des pays lointains ne peuvent plus rivaliser avec la production locale, si bien qu’une alimentation saine et climato-compatible devient abordable pour tous, puisque son prix baisse alors que les prix des produits nocifs pour le climat augmentent. Les producteurs obtiennent des prix équitables qui assurent une agriculture durable.
2.
Les subventions néfastes pour le climat et la biodiversité, telles que la promotion des produits animaux, sont supprimées.
3.
Les paiements directs, qui actuellement favorisent l'élevage, sont réorientés vers la production alimentaire végétale. Le système actuel de paiements directs est remplacé par des paiements basés sur des objectifs d'exploitation respectant les services écosystémiques bons pour le climat et les principes agroécologiques. Des systèmes d'agroforesterie et de gestion de l'eau sont introduits et promus à l’échelle nationale.
4.
Un fonds de transition finance l'adaptation de la production agricole ; les agriculteurs bénéficient d’un accompagnement suivi.
5.
L’objectif fixé par la Confédération oblige les détaillants et la restauration collective d’adapter leur assortiment aux objectifs climatiques et de ne plus proposer de produits nocifs pour le climat. En lieu et place, ils sont tenus de proposer et promouvoir des produits végétaux, locaux et saisonniers, issus de l'agriculture écologique et vendus à des prix abordables. Le gaspillage alimentaire est enrayé grâce à une taxe Food Waste du côté des consommateurs ; en effet, une taxe minimale suffit déjà pour réduire le food waste de 20%. Les détaillants sont incités à réduire le gaspillage alimentaire par un système de certificats négociable.
1 Fussnoten
24 https://ieep.eu/wp-content/uploads/2024/06/Addressing-Food-Waste-in-the-retail-sector-IEEP-2024-1.pdf
6.
Les recettes de la taxe sur les gaz à effet de serre servent à financer la remise en eau des 1000 ha de tourbières hautes drainées.
7.
Une loi sur la chaîne d'approvisionnement garantit que les denrées alimentaires importées sont produites dans des conditions durables afin d’empêcher le transfert des émissions à l’étranger. L'importation de produits nocif pour le climat est réduite par la péréquation fiscale à la frontière.
8.
La recherche et la formation agricoles sont axées sur des méthodes et systèmes de culture respectueux du climat, résilients et agroécologiques. Le développement et l'application de nouvelles technologies visant à améliorer l'efficacité des ressources (p. ex. des systèmes d'irrigation économes en eau), à utiliser et à développer des variétés robustes tout en protégeant le patrimoine paysan et la propriété intellectuelle, ainsi que la promotion d’outils techniques tels que des machines pour l’agroforesterie ou les cultures mixtes sont encouragés.

Approvisionnement en énergie et en électricité

Objectif de la transformation

L'approvisionnement en énergie, qui jusqu'ici repose essentiellement sur les énergies fossiles et nucléaires, passe à 100% d'énergies renouvelables d'ici 2035. Cela est possible grâce à une électrification accrue et au passage aux combustibles et carburants renouvelables (par exemple pour l'aviation), qui continueront d’être importés à l'avenir, du moins en partie. Ces besoins sont particulièrement élevés dans l'aviation et ne peuvent être couverts par la production nationale. Le processus en cours, qui voit la construction de centaines de milliers de petites et moyennes centrales solaires, modifie les exigences en matière de réseaux et de stockage. Le smart grid, qui intègre non seulement la production d'électricité mais aussi les bâtiments et l'électromobilité, devient une obligation.
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25 https://energiewende2035.umweltallianz.ch/
Pour que le tournant énergétique soit largement accepté, la protection de la biodiversité, du paysage et du patrimoine est prise en compte, voire renforcée là où c'est possible. Un vaste mélange d'énergies renouvelables sert à augmenter la résilience du système électrique. Le plus frappant pour l’œil, ce sont les transformations des toits, des façades et des infrastructures. L’extension ciblée des réseaux et une nouvelle génération de transformateurs répondent à la demande croissante en électricité et à l'évolution des méthodes de production.
Au lieu de construire de nouvelles centrales électriques, les fonds sont investis dans la transition énergétique et dans les possibilités existantes de gestion de la demande, et les capacités de stockage et de production disponibles sont exploitées autant que possible.

Principaux obstacles à la transformation

Obtenir de nouvelles surfaces sur les bâtiments/infrastructures pour rajouter chaque année 2,5 GW de photovoltaïque est une tâche exigeante, car de nombreux propriétaires craignent l’effort, ne disposent pas des moyens financiers nécessaires ou ne veulent pas s'engager pour 30 ans.
Si les adaptations du réseau et les transformateurs bidirectionnels sont réalisés trop tard, les nouvelles centrales ne peuvent être raccordées au réseau à temps.
Faute d'évaluation environnementale stratégique, d’études sur la biodiversité et de rapports d'impact sur l'environnement (RIE) suffisants, trop de projets contraires à la loi sont développés ou les projets sont optimisés trop tard.
Les procédures d'autorisation pour les centrales et les infrastructures durent généralement trop longtemps en Suisse, entre autres, parce que les autorités et les tribunaux ont besoin de beaucoup de temps pour chaque étape de la procédure.
L’opportunité d'améliorer l'état critique de notre système aquatique par l'assainissement des centrales hydroélectriques existantes et par la correction des cours d'eau est trop peu exploitée. Cela s’explique par la lenteur des planifications cantonales et par le manque de moyens de soutien de la part de la Confédération.
Les batteries de voitures électriques potentiellement très nombreuses ne peuvent être utilisées en faveur du réseau que si elles sont connectées le plus souvent possible, y compris dans les immeubles de location, et que leur fonctionnement est bidirectionnel. Il importe également de mettre en place les bonnes incitations en proposant des tarifs dynamiques. Les conditions nécessaires ne sont cependant pas réunies aujourd'hui.
Quand des spécialistes et des instances d'autorisation consacrent leur travail à de nouvelles centrales thermiques de réserve (centrales à gaz), ils manquent pour promouvoir la transition énergétique.
Les discussions à propos de nouvelles centrales nucléaires détournent l’attention des instances de décision et de la population du développement, pourtant si important, des énergies renouvelables. Si les centrales nucléaires devaient être subventionnées, l'argent manquerait pour le financement des énergies renouvelables, ce qui reviendrait à saboter leur développement.

Un mix d'instruments pour lever les obstacles et accélérer la transformation

1.
À l’instar de l’UE, des standards solaires doivent être indroduits. Lors de constructions nouvelles ou de rénovation d’anciens bâtiments, les grandes surfaces – que ce soit sur les bâtiments non résidentiels, sur les parkings et autres infrastructures ou sur les bâtiments résidentiels – doivent être priorisées et conçues de sorte qu'une augmentation d'environ 2,5 GW par an soit possible.
2.
Des exigences claires, assorties de sanctions efficaces, conduisent les gestionnaires de réseau de distribution à adapter leur infrastructure et à ne pas retarder les raccordements.
3.
Les standards pour la définition des zones d’aptitude cantonales et les exigences minimales que doivent remplir les rapports d'impact sur l'environnement sont augmentés.
4.
Les taxes en faveur de l'assainissement des cours d'eau sont ajustées afin d'en assurer le financement.
5.
Le droit à la recharge des voitures électriques est réalité ; la recharge bidirectionnelle devient profitable en termes de tarifs et de subventions.
6.
Des tarifs dynamiques adaptés au réseau et assortis d'une garantie de prix fournissent aux consommateurs des conditions-cadres transparentes et socialement équitables. De plus, ils assurent la gestion de la demande, ce qui réduit, voire empêche les expansions de capacité coûteuses du réseau de distribution.
7.
La promotion publique, directe ou indirecte, de nouvelles centrales thermiques de réserve ou de centrales nucléaires nouvelles ou existantes est exclue.

Place financière et investissements directs à l'étranger

Objectif de la transformation

Le secteur financier suisse, dans son ensemble, fait partie de la solution en matière de transformation globale. Par leurs investissements, les acteurs financiers suisses sont responsables d’émissions très élevées à l’étranger (environ 14 à 18 fois les émissions générées en Suisse). C'est pourquoi nous disposons avec la place financière suisse et les flux financiers (investissements, financements, assurances, etc.), d'un important levier à l'échelle mondiale.
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26 Étude McKinsey 2022 https://www.mckinsey.com/ch/~/media/mckinsey/locations/europe%20and%20middle%20east/switzerland/our%20insights/klimastandort%20schweiz/klimastandort-schweiz.pdf
Les conditions-cadres juridiques et les normes sociales rendent les investissements, crédits et services d'assurance attrayants pour les projets et les entreprises durables et respectueux du climat. La place financière suisse se retire des projets impliquant des énergies fossiles.
La Suisse ne promeut et ne protège plus que les investissements directs durables à l'étranger, en exigeant systématiquement et explicitement le respect des droits humains et de la protection de l'environnement dans les pays partenaires.
Le secteur financier suisse finance la transformation de l'économie réelle à court et moyen terme, conscient qu'une transformation désordonnée ou trop tardive coûtera beaucoup plus cher à la société à long terme, et que, sans mesures efficaces, la compétitivité dans la "course au sommet" face aux autres places financières diminuera à moyen terme.
La Suisse laisse derrière elle le débat stérile sur la question de savoir si le premier pas doit être fait par l'économie réelle ou financière, et se concentre sur les forces et instruments transformateurs.

Principaux obstacles à la transformation

Les consignes contraignantes ainsi que les mécanismes de contrôle et de sanction indépendants manquent : la réglementation actuelle de la Confédération en matière de durabilité dans le secteur financier mise principalement sur les mesures volontaires et l’autorégulation de la branche ainsi que sur des recommandations de transparence (tests de compatibilité climatique PACTA, Swiss Climate Scores, etc.) Celles-ci ne sont pas suffisantes, et il règne une certaine désorientation - notamment au vu de l’évolution dynamique de la réglementation de l'UE en matière de durabilité dans le secteur financier.
En raison de l'absence de consignes de responsabilité pour les entreprises et leur direction, de nombreux acteurs des marchés financiers ne voient pas le lien entre leurs activités et l'impact sur le climat et l'environnement.
Les dispositions réglementaires actuelles du droit des marchés financiers et du droit des sociétés anonymes encouragent la pensée à court terme (p. ex. le reporting des bénéfices et des pertes par trimestre). L'important principe de précaution n'a pas sa place dans la régulation des marchés financiers. Les assurances, par exemple, proposent des contrats à court terme et empêchent ainsi des variantes respectueuses de l'environnement en cas de sinistre, qui demandent des investissements initiaux plus élevés.
Le lobby en faveur de la dérégulation et contre les directives et mesures étatiques dans le secteur financier est puissant et efficace. De nombreux acteurs du marché financier combattent les nouvelles mesures par crainte d'une bureaucratie croissante et d'une augmentation générale de la bureaucratie en matière de reporting et de transparence.
La prise de conscience écologique et l’intérêt croissant de la clientèle pour des placements verts et durables ont fait augmenter le risque d'écoblanchiment. Or, le secteur financier a jusqu’à présent réussi à empêcher que l'État ne prenne des mesures efficaces contre l'écoblanchiment.
Actuellement, les conditions-cadres appropriées pour les investissements verts sont inexistantes sur le marché financier.
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27 Climate Tech's Dangerous Trek Across the 'Valley of Death' (Bloomberg) https://www.bloomberg.com/news/articles/2024-07-03/climate-tech-s-dangerous-trek-across-the-valley-of-death