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Pour les calculs, nous avons utilisé des données récentes concernant le budget CO2 global (Lamboll et al. (2023) - https://www.nature.com/articles/s41558-023-01848-5). Celles-ci sont pratiquement identiques aux budgets CO2 calculé à partir du 01/01/2024, présentés ci-dessus, si l'on ajoute les émissions annuelles de 2023. Le budget global compatible avec les 1,5°C à partir du 01/01/2023 est donc de 247 Gt CO2 pour une probabilité de 50% et de 160 Gt CO2 pour une probabilité de 67%.
Pour le calcul des budgets nationaux, les carburants pour avions (bunker fuels), qui ne sont imputés à aucun pays, ont été déduits du budget global avant que celui-ci ne soit réparti entre les pays suivant l'approche choisie pour la répartition des efforts. De plus, le budget CO2 restant a été calculé non pas d’après la méthodologie du GIEC pour la saisie des gaz à effet de serre mais par celle de la CCNUCC utilisée par les pays, où l’on considère, p. ex., que davantage de puits de carbone des forêts sont évalués comme étant d’origine humaine plutôt que naturelle (cf. p. ex. Gidden et al., 2023). Dans le cadre de la répartition des efforts en fonction de la puissance économique d'un pays, un PIB cumulé par habitant est calculé à partir de l'année 1950, et le budget est attribué aux pays sur la base du PIB cumulé inverse par habitant. Il en résulte que les pays riches à forte capacité économique, qui sont les premiers responsables du réchauffement climatique, doivent également assumer la responsabilité première quant à la réduction des émissions.
Le budget CO2 global est aligné sur l'évolution des autres gaz à effet de serre, comme dans Lamboll et al. (2023). Les autres gaz à effet de serre doivent être réduits comme suit entre 2020 et 2050 afin d'être en phase avec le budget CO2 compatible avec 1,5°C : Le calcul se base sur les chemins de réaction globaux suivants (valeur médiane avec percentile 25% et 75% entre parenthèses) :
Méthane : -51% (-47% à -60%)
Protoxyde d'azote : -22% (-7% à -35%)
Gaz fluorés : -91% (-47% à -98%)
Si les émissions des autres gaz à effet de serre sont réduites plus lentement, le budget CO2 diminue, et inversement.